Les hommes et les femmes de Cacao Forest enfin réunis en République Dominicaine !

Du 12 au 15 octobre dernier, les partenaires du projet Cacao Forest se sont retrouvés sur le terrain, en République Dominicaine. L’occasion de rencontres, d’échanges et de réflexions pour faire avancer le projet en lui donnant une résonance nationale.

 

Depuis la création du projet Cacao Forest en 2016, c’est la première fois que les partenaires se réunissent sur les plantations. C’est tout aussi essentiel pour les acteurs européens de rencontrer les producteurs et mesurer l’avancée du projet que pour les coopératives dominicaines de comprendre pourquoi des entreprises du chocolat et des artisans pâtissiers de l’autre côté de l’atlantique investissent dans un projet d’innovation pour une cacaoculture durable.

 

Constater les avancées du projet sur le terrain

Ce voyage a été l’occasion de rencontrer les producteurs de cacao membres des coopératives partenaires (Fundopo et Conacado). Les membres du Comité de Pilotage ont pu visiter plusieurs cacaoyères en production et constater le vieillissement du verger et des producteurs de cacao dominicains. Ils se sont également rendus sur plusieurs parcelles du réseau expérimental participatif (REP) où sont testés 4 modèles innovants de cacaoyères agroforestières. Ces parcelles, installées entre Avril et Septembre 2018, reposent sur une diversité de plantes cultivées en association avec le cacaoyer et ayant toutes des débouchés commerciaux sur le marché local.

Visite d’une parcelle de 0,25 ha appartenant à un producteur de cacao dominicain partenaire du projet cacao Forest et volontaire pour participer au REP. Le modèle agroforestier n°3 est en train d’être installé sur cette parcelle. On peut y voir l’ombrage temporaire (bananier) et permanent (Glyricidia). Chaque modèle sera suivi pendant au moins 4 ans.

Visite d’une parcelle de 0,25 ha appartenant à un producteur de cacao dominicain partenaire du projet cacao Forest et volontaire pour participer au REP. Le modèle agroforestier n°3 est en train d’être installé sur cette parcelle. On peut y voir l’ombrage temporaire (bananier) et permanent (Glyricidia). Chaque modèle sera suivi pendant au moins 4 ans.

Ce voyage a également été l’occasion d’échanger avec les sociétés qui transforment certains fruits issus des cultures associées aux cacaoyers : sapotille, mangue, papaye, etc… .

La gestion de la biodiversité cultivée pour améliorer la capacité des cacaoyères dominicaines à générer des revenus diversifiés, durables et convenablement répartis dans l’année,  est une des pierres angulaires du projet Cacao Forest en République Dominicaine. Il s’agit de l’axe central des travaux conduits par le CIRAD dans notre projet. Parallèlement, l’équipe de Earthworm Foundation recherche des débouchés commerciaux sur le marché des produits issus de cette biodiversité cultivée et accompagne les producteurs dans la structuration des filières commerciales existantes et dans la création de nouvelles filières de produits agricoles issus des systèmes agroforestiers à base de cacaoyers.

 

Tables rondes : bilans et perspectives

En complément des visites de terrain, deux évènements ont été organisés par Maria Rey de Arce, la coordinatrice locale Earthworm Foundation, :

  • Un séminaire de restitution des avancées du projet en République Dominicaine, deux ans après son démarrage et à un peu plus d’un an de la clôture de sa première phase. L’ensemble des institutions publiques et privées dominicaines impliquées dans le secteur cacao étaient présentes à ce séminaire (Ministère de l’Agriculture, département du cacao ; Commission nationale du Cacao ; Institut National de Recherche Agronomique, IDIAF ; Ministère de l’Environnement et des Forêts ; Coopératives de producteurs de cacao partenaires,….), ainsi que certains grands bailleurs de fonds internationaux (AFD, BID), donnant ainsi au projet une visibilité nationale essentielle pour son évolution au-delà de la première phase (2017-2019). Enfin, ce séminaire fut l’occasion de solliciter les partenaires nationaux et internationaux présents pour recevoir leurs suggestions sur les actions menées et leur vision sur les actions à envisager par le projet Cacao Forest en République Dominicaine. Des ateliers conduits sous forme de table-rondes nous ont ainsi permis de collecter ces informations et d’en discuter collectivement.

  • Un comité de pilotage du projet s’est tenu dans la foulée du séminaire et sur deux journées. Il a permis (i) d’élaborer une stratégie collective et un plan d’action pour une phase II du projet sur la période 2020 – 2022, (ii) de consolider le budget 2019 afin de couvrir convenablement les besoins d’encadrement et de formation pour les activités de recherche conduites par le Cirad, et (iii) d’aboutir à un plan d'action concret pour prioriser les pays des futurs projets Cacao Forest.

 

Partage et convivialité

Ce voyage a offert l’opportunité d’une soirée gourmande et conviviale, animée de démonstrations et dégustations de pâtisserie offertes par les chefs pâtissiers Relais Desserts qui ont fait découvrir aux producteurs une grande variété d’utilisations possibles du cacao. Ce fut aussi l’occasion de remettre en exergue l’interdépendance de tous les membres de la filière : pas de bonnes pâtisseries sans cacao de qualité – et pas de cacao de qualité sans une prise en compte des contraintes climatiques et environnementales et une juste rémunération des producteurs.

 

Finition des cakes chocolat à Saint Domingue

Finition des cakes chocolat à Saint Domingue

Marie Loones